| Patrimoine et Histoire de Champfromier
Par Ghislain Lancel |
Jean-Paul Lambotte, descendant des Ducret de la scierie, étudiant à Lyon, était champfromérand pour toutes les vacances ! Il était un inventeur et technicien très performant et particulièrement créatif. Il réalisa de ses mains la station radiophonique R.P.E., la Radio Pont d'Enfer ! L'émetteur se trouvait dans un local situé derrière la maison aux Ducret Cyril, passage entre le garage et la maison (en face de l'actuelle mairie). Jean-Marie Jeudy fut aussi de l'aventure.

La radio du Pont d’Enfer écrasait tout, GP, PO. Quand elle émettait, sa puissance couvrait celle des autres stations et tout le monde était obligé de l’entendre ! Elle était captée jusque dans les hameaux du village, et elle fonctionna des années 1962/63 jusqu’en 1965, avec Jean-Louis Ducret et Jean-Marie Jeudy. Jean-Paul avait un appareil pour régler les postes de radio. Il y avait une lampe pour émettre la voix, dite 6 et 8, et une lampe de puissance 6V6.
Une radio très imaginative ! Un jour Fernand Ducret revient en voiture. Arrivant à Prébasson, sa radio capte le commentaire sportif d’un match captivant … Arrivé à la scierie, il peut même le suivre en direct, au babyfoot. Le commentateur sportif n'était autre que Daniel Tournier, de Montanges (qui travailla ensuite chez FIV), commentant la partie de babyfoot ! Un autre événement radiophonique mémorable fut l’arrivée en hélicoptère du Général De Gaulle se posant devant la salle des fêtes ! Naturellement, tout était dans l’imagination des jeunes !
Derrière la maison des oncles Ducret, en face du Monument aux Morts, il y avait une cour, un hangar, un poulailler, une réserve de bois et un four à pain, avec un local attenant. Un lavoir se trouvait devant ce four, et sur le dessus du bois était mis à sécher à tous vents. Le local voisin du four, atelier de Jean-Paul, avait naturellement pris ce même nom de "Le Four".
Au début les jeunes, ceux de la future association Les jeunes de Champfromier, se réunissaient dans la salle à manger du père de Jean-Marie Jeudy, à la Poste. Presque tous écoutaient Salut les Copains, sauf Jean-Paul qui préférait travailler à son Meccano ! Mais quand le four des locaux Ducret fut donné à Jean-Paul, ils se réunirent là. Les murs furent blanchis et décorés par Jean-Marie Jeudy qui y inscrivit les noms des copains, et on y placarda aussi des photos de chanteurs de l’époque (Sheila, etc.).Lr'ambiance était donnée dès l'entrée, où on pouvait lire sur le mur exterieur l'inscription "Paris-ci", avec une fleche pointant la porte !
Jean-Paul était très apprécié, entre autres pour ses dons à remettre en état les vélos et pétrolettes locales en panne. Il réparait aussi les postes de radio.
Un jour de 1965, certainement le 23 mai, Jean-Paul obtient son permis de conduire. De ce jour les sorties à vélo avec les copains se transforment en virées en voiture. De Lyon ils rapportent un billard américain et un babyfoot à restaurer. Les réparations sont vite effectuées et des parties animées s’engagent. Bientôt l'association des jeunes sera officiellement créée.
Publication : Ghislain Lancel. Remerciements : JP Bertinotti, JP Lambotte (photo et souvenirs), Serge Vallet, Jean-Charles Lambotte.
Première publication le 20 novembre 2019. Dernière mise à jour de cette page, le 21/11/19.